L’EVANGILE SELON SAINT JEAN
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1-
PROLOGUE Le prologue de Jean est la porte d’entrée qui ouvre sur l’égrégore construit par des générations d’initiés. Selon Raphaël Payeur, les Roses-Croix récitent ce texte chaque jour depuis le XIVème siècle, et tous ceux qui commencent à ressentir en eux les énergies du subtil sont touchés par la force et le parfum de sacré qui perdurent dans ces lignes. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe
était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement
auprès de Dieu » C’est par le mystère de la trinité divine que s’ouvre
le prologue. Le mot Dieu par lequel l’homme
tente de nommer ce qui est indéfinissable apparaît trois fois dans la
première phrase, en concomitance avec le Verbe. Toute l’évolution de l’homme se tient dans son
rapport avec ce principe divin qu’il craint dans l’Ancien Testament, comme
un serviteur soumis craint la puissance de son maître et qui, dans le Nouveau
Testament, se révèle comme force d’amour à travers l’entité Jésus,
homme ayant réalisé un lien permanent avec Dieu-le-Père. Au verset 5, brutalement et de manière anachronique, apparaît Jean-le-Baptiste. Le texte planait dans les sphères les plus éthérées et les plus impersonnelles de la réalité divine, et soudainement, sans aucune préparation, une dimension humaine et personnelle fait irruption dans le texte. Paul Diel propose de décaler les versets 6,7,8,9,15, après le verset 18, pour redonner au texte son sens originel. Nous obtenons alors 12 versets s’enchaînant dans l’unité retrouvée. En vue d’améliorer la compréhension de ce texte nous le donnons ci-dessous en dégageant les versets solidaires.
Versets
1,2,3,4,5... « Au commencement
était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu et le verbe était
Dieu. Il était
au commencement auprès
de
Dieu Par
lui tout a paru, et
sans
lui rien
n’a paru de ce qui est paru. En lui était la vie, et la vie était
la lumière des hommes ; et
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas
arrêtée. » …Versets 6,
7, 8, 9… « Parut
un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il
vint en témoignage, pour témoigner au sujet de la lumière, afin que tous
crussent par lui. Celui-là
n’était pas la lumière, mais il devait témoigner au sujet de la lumière. La
Lumière, la véritable, qui illumine tout homme, venait dans le
monde. »
« Il était dans le monde, et par lui le monde a paru, et le monde ne l’a pas connu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais
à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de
Dieu, à
ceux qui croient en son Nom, qui
ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme,
mais de Dieu. Et le Verbe est devenu chair, et il a séjourné parmi nous. Et nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle que tient de son Père un fils unique, plein de grâce et de vérité. » …Verset 15, 16, 17...
« Jean
témoigne à son sujet, et il crie : « C’était celui dont j’ai
dit : Celui qui vient après moi est passé devant moi, parce que, avant
moi, il était. » ...Verset 18..., suite logique du verset 14
Dieu,
personne ne l’a jamais vu ; un Dieu, Fils unique qui est dans le sein
du Père, Celui-là l’a fait connaître. » L’interruption de Jean-le-Baptiste dans le
prologue, n'est pas l'erreur d'un copiste distrait, mais traduit au contraire
l'intention consciente d’identifier Jésus au Verbe Créateur, idée centrale du
quatrième évangile. Sans entrer dans une analyse détaillée de ce texte
nous pouvons ressentir, la descente des énergies du point divin jusqu’à l’homme,
la descente du Verbe, du Logos se faisant chair, sa non-reconnaissance par l’homme
et la possibilité de renaître en lui à l’image de la naissance de
Jésus-Christ. Évangile veut dire : La bonne nouvelle, ou la
nouvelle alliance, et la venue du Messie Jésus nous annonce que chaque
homme a maintenant la possibilité de s’unir en conscience avec le Verbe
Créateur. L’erreur serait de placer Jésus sur un pinacle, de voir en lui un
personnage divin extérieur à nous, admirable dans ses œuvres mais
inaccessible à l’homme ordinaire. Croyons plutôt, comme l’affirmait le
mystique Angelus Silesius : « Le
Christ serait-il né mille fois à Bethléem, S’il
ne naît en toi, ton âme sera perdue à jamais. Et
c’est en vain que tu contemples la croix du calvaire, Tant
qu’en toi-même elle ne se dresse à nouveau. » En saisissant que l’expérience vécue par Jésus
et relatée par les apôtres est en réalité une présentation, une allégorie
de notre chemin intérieur, nous devenons capable de faire vivre l’évangile
en nous. Chaque personnage mis en scène peut être identifié à des forces
nous constituant, chaque événement relaté trouve dans notre vie son
corollaire, les 12 apôtres, incarnation des douze signes zodiacaux,
représentent les douze facettes de l’énergie solaire christique que nous
avons à rassembler autour de la force d’amour.
2
– JEAN-BAPTISTE PRÉCURSEUR ET TÉMOIN 1,19 – « Les prêtres interrogent Jean-Baptiste avec insistance. « Qui es-tu, que dis-tu de toi-même ? » - Je suis la voix de celui qui clame dans le désert : « Redressez le chemin du Seigneur, selon ce qu’a dit Isaïe le prophète ». -
Texte d’Isaïe 40,3 « Une voix crie : Dans le désert préparez le chemin de Yahvé, aplanissez dans la steppe une chaussée pour notre Dieu. Que
toute vallée soit élevée, toute montagne et colline abaissées. Que
les mamelons se changent en plaines et les escarpements en vallées ! La
gloire de Yahvé se révélera et toute chair la verra pareillement car la
bouche de Yahvé a parlé. » (Plus
loin la chair est comparé à de l’herbe.) Dans une étude à venir, nous
mettons Jean-Baptiste en relation avec la symbolique de l’eau, du règne végétal et
du chakra sacré qui leur correspond. Le texte d’Isaïe nous invite à
travailler sur le contrôle de nos émotions. Les montagnes et les vallées
imagent les fluctuations de nos humeurs, les moments d’enthousiasmes excessifs
(montagnes), auxquels succèdent inévitablement, à ce stade des énergies, des
phases d’abattement et de découragement (plaines). C’est toute la
symbolique du nombre de la dualité qui est mis en évidence dans ce texte. Si l’image des plaines et des montagnes évoque
pour nous autres contemporains, la forme d’une sinusoïde, il est gros à
parier que les anciens y voyaient la forme ondulante du serpent. Le terme
« redressé le chemin du Seigneur » consisterait à passer du plan
horizontal, linéaire où se succèdent les différents états émotionnels, à
une dynamique de transcendance représentée par la verticalisation, l’ascension
des émotions, celles-ci étant dirigées par la conscience vers des états
permanents. Jésus Christ ne peut naître dans une conscience humaine dominée
par l’émotivité incontrôlée, et nous avons là une des premières tâches
de notre évolution. 1,32 – « J’ai vu l’Esprit descendre comme une colombe venant du ciel, et il est demeuré sur lui ? » Dans une approche hiérarchique des règnes il est
ardu de saisir pourquoi un animal symbolise l’Esprit. En notre bonne logique
cartésienne, l’Esprit devrait apparaître dans une forme angélique,
nirvanique toute auréolée d’une lumière éblouissante. Pourtant si l’on fait fi de ce classement
hiérarchique de la vie, on ne peut être que saisi par la justesse de ce
symbole : -
la colombe, comme tous les oiseaux, capable de vaincre la force de l’attraction
terrestre, participe de la vie du Ciel. -
en temps que créature de chair, elle incarne l’esprit. -
sa couleur blanche évoque l’unité et la pureté. -
son roucoulement doux et mélodieux en fait un symbole de l’harmonie,
de la paix, de la grâce.
3
– PREMIER SIGNE : LES NOCES DE CANA Jésus
change l’eau en vin. 2,1-
« Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la
mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à la noce, ainsi que ses
disciples…Et le vin venant à manquer… « Que me veux-tu femme, mon
heure n’est pas encore venue ? »… Il y avait là 6 jarres de
pierre destinées aux purifications des Juifs…Quand l’intendant eut
goûté l’eau devenue du vin il appela le marié et lui dit :
« Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens sont ivres,
le moins bon. Toi tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » Tel
fut le premier des signes de Jésus ; il le fit à Cana de Galilée. Et
il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » La noce est située dans le temps : 3ème
jour, celui qui correspond dans la genèse à la création de la verdure, des
arbres, fruit du mariage du ciel et de la terre, et dont la vigne est une des
composantes. C’est aussi le nombre de la trinité divine réunissant,
créateur, création, créature.
Le vin ordinaire se tarit : la nourriture
terrestre avec laquelle l’homme fête sa capacité à s’unir à ce qui le
complète est épuisée. Un certain type d’énergie relié à l’ère
finissante est remplacée par un vin nouveau que Jésus assimilera clairement à
son propre sang dans l’épisode de la scène : « Prenez et mangez
ceci est mon corps, ceci est mon sang ». La mutation s’opère, non pas du vin ancien au vin
nouveau, mais de l’eau en vin. Tous les symboles sont ambivalents : une face
ouranienne et chthonienne, lumineuse et sombre, et l’eau n’échappe pas à
cette loi. Dans sa valeur claire l’eau est symbole de purification, sens du
baptême, de source de vie, tandis que dans ses valeurs sombres elle représente
le monde de l’inconscient dans lequel la conscience humaine peut se noyer. Dans le contexte de ce récit, l’eau étant mis en
contraste avec le vin, elle symbolise une qualité d’émotion et de vie qui
paraît fade et insipide devant la capacité d’extase et d’ivresse mystique
que procure la nourriture du nouveau vin. C’est un vin qui n’est pas né de
la vigne terrestre mais qui est la résultante d’un acte magique, une
transmutation alchimique donnant à nos émotions une nouvelle qualité
vibratoire. Si la noce se passe le troisième jour, le vin sera
contenu dans la symbolique de 6 jarres de pierre destinées aux purifications
des juifs. L’association du nombre 6 avec l’idée de purification est très
présente dans la loi hébraïque : c’est le nombre de l’épreuve, du
travail, de la servitude, la loi ordonnant de travailler 6 jours, d’ensemencer
6 ans, qu’un esclave serve son maître pendant 6 ans. C’est le symbole de l’homme
qui se rend libre par le travail ou esclave par la paresse. Pour accueillir le vin nouveau, notre capacité de
réceptivité (les jarres) doit être purifiée (nombre 6), tout en étant riche
des émotions de la vie terrestre (eau). Nous pouvons signaler aussi que le mot mariage -ou
noces- s’écrie en hébreux :
L’évangile de Saint Jean est le quatrième, et le
premier signe qu’il met en évidence est celui des noces de Cana. Cela nous
incite à placer le message de Saint Jean au niveau du chakra cardiaque, là où
peut se dérouler l’union mystique entre le fiancé-lumière descendu des
marches du haut et la fiancée-matière venue des trois marches du bas. Ainsi dans le nombre 463 se trouvent les 3 forces numériques les plus représentatives de cet épisode de la vie de Jésus.
4
– LES VENDEURS CHASSES DU TEMPLE La scène se passe à Jérusalem, lieu le plus
élevé de la région, comme la tête qui est élevée au-dessus du corps. C’est
en ce
lieu que devrait opérer l’activité pure et créatrice de l’Esprit.
En fait d’Esprit, Jésus n’y trouve que marchandage, profit. Il réagit à
cette situation avec une vigueur rare. Pour lui le temple, et donc l’activité
de la tête, est un lieu sacré où
peut s’entendre la Volonté du Père, et il le fait savoir. 2,16
- « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de
commerce » Dans
la dernière partie de cet épisode, le nombre 3 est mis en opposition avec le
nombre 46. 2,19
- « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le
relèverai. » -
Voilà
46 ans qu’on travaille à bâtir ce Sanctuaire, et toi, en 3 jours tu le
relèverais ! » -
Historiquement, le sanctuaire semble en construction
depuis 46ans, les travaux ayant commencés en 20/19 avant J.C. La scène se
passerait en l’an 26 ou 27 de notre ère. Mais le nombre est d’abord
symbolique : 46 c’est le nombre 40, accompagné du 6 dont nous
avons vu le sens de purification. Lacuria dit du nombre 40 qu’il est la période complète et suffisante pour achever une œuvre.
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les 40 jours de jeûne de Jésus
dans le désert. L’œuvre qui s’achève ici (40) est une œuvre pour la
purification (6) et un retour à l’unité :
4+6 = 10 = 1. A ce nombre 46 Jésus oppose le nombre 3
de la trinité divine. Nous retrouvons tout à fait curieusement et sans
intention personnelle le nombre de 463 déjà souligné dans l’épisode
précédent.
5
– ENTRETIEN AVEC NICODEME La
nécessité de naître d’en haut. 3,3
- « En vérité, en vérité je te le dis : personne à moins de
naître d’en haut ne peut voir le royaume de Dieu. » 3,14 - « Et de même que
Moïse éleva le serpent au désert, ainsi faut-il que soit élevé le fils de
l’homme. » Nicodème représente en nous le début timide d’une
adhésion au message de Jésus. Nicodème vient la nuit : parce qu’il est
encore dans l’ignorance et dans l’activité de ses chakras du bas. Jésus
qui rayonne la Lumière du Père va inviter Nicodème à transférer sa
conscience dans les chakras du haut, là où une nouvelle naissance est
possible. 3,5 - « En vérité, en vérité je te le dis : personne à moins de naître de l’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. » Nicodème est touchant de sincérité et de
naïveté : « Comment un homme peut-il naître quand il est
vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le ventre de sa mère et
renaître » demande-t-il à Jésus. Voilà bien imagée notre difficulté
à voir au-delà de la forme, à nous dégager de ce que nous connaissons du
monde, à sentir que derrière les objets qui nous entourent, les mots que nous
prononçons, se cachent des forces symboliques. Le corps humain, véhicule, sanctuaire de l’Esprit,
reflète dans le monde de la matière l’intelligence organisatrice de l’univers
et contenue dès l’origine dans l’Esprit Créateur. Dans un article en construction sur la symbolisme
du corps humain et qui paraîtra prochainement sur ce site, nous mettons en lumière l’analogie remarquable existant
entre la sphère du tronc (monde du bas) et la sphère de la tête (monde du
haut), sphère d’où doit s’accomplir la deuxième naissance selon ce que
nous dit Jésus. Dans le monde du bas, nous possédons une force
créatrice sexuelle qui engendre la vie sur le plan biologique. Cet enfant qui
en résulte et l’adulte qu’il devient sont soumis à l’inexorable action
destructrice du temps. Dans le monde du haut, nous possédons de même une
force créatrice capable d’engendrer une vie sur le plan psychique ou
spirituel si l’on préfère. Cet enfant à venir pourra seul contempler la
face de Dieu selon l’Evangile de Saint Jean. On peut s’interroger sur la
nature de cette création et le moyen le plus simple de le faire est de la
placer en parallèle avec une création biologique.
Notre corps de chair sur lequel s’appuie notre analogie est un voile qui nous empêche de percevoir clairement l’unité du monde voulue par Dieu. L’intérieur et l’extérieur nous paraissent aller irrémédiablement en sens contraire, or l’extérieur retrouvera sa qualité de vibration optimale lorsqu’il sera ajusté avec notre vibration intérieure. C’est le décalage qui existe entre les deux qui est responsable de la rupture entre le monde créé et le monde créateur.
6
– NOUVEAU TÉMOIGNAGE DE JEAN 3,30
- « Il faut que celui-là croisse, et que moi je diminue » Remarquable expression qui trouve un corollaire
parfait dans l’axe zodiacal des tropiques du Capricorne et du Cancer dans
l'hémisphère Nord. La
naissance de Jésus placée symboliquement à Noël, au temps où le soleil va
croître de nouveau, a eu lieu six mois avant celle de Jean–Baptiste selon l’évangile
de Saint Luc, au temps du soleil Cancer, lorsque le soleil dans sa durée de
jour commence à décliner. CANCER : porte des hommes. CAPRICORNE :
porte des Dieux. Que représente Jean en nous. Il est le témoin qui a
eu des signes annonçant la venue prochaine du sauveur. Dès que celui-ci
apparaît son rôle se termine. C’est ainsi que se déroule notre initiation.
En premier lieu nous prenons conscience qu’à travers des signes l’Esprit
tente de nous parler, une dimension inconnue cherche à percer le voile de la
matière. Apprendre à distinguer ces informations spéciales
de celles qui peuplent la vie ordinaire est le début du chemin menant vers la
lumière. La capacité d’entendre des voix, de capter des visions venant des
plans subtils ne signifie pas que nous existons pleinement dans ces plans. Nous
sommes seulement les témoins qu’ils existent. Jean est la dimension de nous
qui croit avec force parce que l’Esprit s’est manifesté à lui. En ce sens,
il est très différent de Nicodème dont la croyance est comme ancrée dans la
matière. Jean est encore la conscience atteinte par l’homme
dans l’ère précédente : il récapitule l’Ancien Testament qui s’efface
devant la venue de Jésus et du Nouveau Testament ouvrant à l’homme la
possibilité d’intégrer ses dimensions les plus hautes. Il y a lieu de souligner aussi l’exceptionnel
présence de la lettre J au début des noms qui personnifient le divin et qui
entoure la vie de Jésus. Jésus dont le père terrestre est Joseph, né juif,
annoncé par Jean-Baptiste, baptisé dans le Jourdain, ayant pour disciple
préféré Jean l’évangéliste, prêche en Judée puis termine son
enseignement et sa vie à Jérusalem trahi par Juda. Lorsque l’on étudie l’ensemble des mots
français employés usuellement
commençant par la lettre J on observe la dominante d’un dynamisme juvénile
particulier qu’expriment bien des mots comme : je,
jaillissement, joie, jour, jeunesse,
jaune…Certes d’autres résultantes peuvent aussi se dégager de
l’étude de ces mots débutant par J, mais l’idée d’extériorisation, de
fraîcheur, de spontanéité est très présente. Transposée dans l’alphabet hébraïque, la lettre J
devient la lettre YOD, qui débute le nom sacré de Dieu YAVHE, le père spirituel de Jésus. Yod est considéré comme le germe divin caché dans l’homme dès
l’origine. Sa valeur numérique est 10, soit l’unité sur le plan des
dizaines. Lorsque ce germe devient l’origine de notre identité, nous sommes
porté par une joie profonde que l’on retrouve donc dans notre langue dans les
mots débutant par lui. Citons encore les noms Josué, Judith, Job, Jonas,
Jacob, ceux des prophètes Jérémie, Joël, auxquels on peut ajouter Isaïe,
car la lettre I correspond aussi à Yod
et nous constaterons que cette vibration du Yod
est bien présente dans l’Ancien Testament.
7
– ENTRETIEN AVEC UNE SAMARITAINE Jésus a dû être perçu par ses contemporains comme
un véritable révolutionnaire. Non seulement il chasse les marchands du temple,
opère des guérisons le jour du Sabbat où toute activité était interdite, en
plus il brise le tabou qui séparait les Juifs des samaritains. Sa mission ne s’adresse
pas seulement aux juifs mais à tous ceux qui portent l’amour dans leur cœur
sans distinction de religion, de classe sociale. La samaritaine représente en nous une minorité qui
souffre d’être rejetée par le dogme officiel et qui se sert de cette
rivalité pour exister. Certes cette personne n’a pas la lumière totale. Son
principe d’opposition l’aveugle mais elle croit à l’arbre de la tradition
représenté par le puits de Jacob. La lettre qui semble soulignée dans ce
passage est le SAMEKH hébreu qui est justement l’arbre de la tradition Jésus demande à la samaritaine :
« Donne-moi à boire ». C’est lui qui engage le dialogue brisant
les conventions et sollicitant de cet aspect de nous-même un acte de
générosité. S’abreuver au puits ancestral de la tradition n’est pertinent
que si nous savons donner cette connaissance à celui qui nous la demande. On peut observer la différence de psychologie entre
Nicodème, sujet masculin, et la samaritaine, féminine. A Nicodème est
associée une approche raisonnée des questions religieuses alors que la
samaritaine, associée à l’eau, réagit avec plus de flair, d’intuition, et
lorsque Jésus lui demande à boire, c’est un peu comme s’il lui demandait
de l’amour, de cet amour qu’elle peut puiser dans les profondeurs d’elle-même
et auquel on ne peut avoir accès que si l’on a dépassé les critères et
conventions de la société.
8
– GUÉRISON DU FILS D’UN OFFICIER ROYAL Cette
scène se passe à Cana qui vit le premier signe de Jésus, l’eau
changée en vin, ce que nous avions interprété comme un passage du stade
lunaire au stade solaire. Cette guérison doit donc s’inscrire dans la
continuité de ce changement. L’officier
a un fils qui est malade. Nous sommes en présence de l’homme dont l’espoir
s’est tari ; l’enfant représente l’espérance en l’avenir. Ce sont
les forces vives, créatrices qui sont incapables de garder la vie à l’enfant
né. Le problème de cet officier est que pour croire il a besoin d’avoir un
signe : 4,48
- « Si vous ne voyez signes et prodiges vous ne croirez pas » Malgré tout, il insiste « Seigneur descend
avant que mon enfant ne meurt » et Jésus, sans même se déplacer guérit
l’enfant à la septième heure du jour. Si l’énergie de l’Esprit venant d’en
haut ne descend pas animer notre enfant intérieur, celui-ci ne vivra pas et c’est
notre foi en l’Esprit qui lui permet d’agir. Le nombre 7, la septième heure, celle où le soleil
vient de franchir le méridien d’un lieu, nous rappelle le septième jour de
la genèse où Dieu décide de se reposer laissant la création libre de
poursuivre l’œuvre entreprise.
9
– LA MULTIPLICATION DES PAINS Jésus est né à Bethléem qui veut dire la
maison du pain. A cette époque le pain était l’aliment principal pour le
corps. Or nous savons que Jésus apporte pour l’homme une nouvelle sorte de
nourriture destinée à la croissance de l’Âme. « Une
grande foule suit Jésus qui a gravi une montagne. La foule a faim : « Comment
achèterions-nous des pains pour que ces gens aient à manger » demande
Jésus à Philippe qui répondit : « 200
deniers de pains ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu » 200 deniers certes ne suffiront pas, c’est-à-dire
que ce n’est pas en terme de quantité que l’Âme peut trouver la nourriture
capable de la rassasier. Mais 5 pains et 2 poissons suffiront. La grande foule qui suit Jésus représente en nous
la multitude des désirs qui forment nos intérêts quotidiens. Ces désirs sont
subjugués par les signes que fait Jésus et en demandent encore : la foule
a faim. Jésus a mis en route nos émotions dans sa
direction, il a élevé (la montagne) la qualité de nos désirs, et l’apôtre
Philippe est ici associé à une vision encore matérielle et quantitative de ce
qui peut rassasier cette foule de désirs qui habitent l’homme ordinaire.
Jésus engage le processus différemment et cela par l’intermédiaire de l’apôtre
André : « Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a ici un jeune garçon qui a 5 pains d’orge et 2 menus poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Jésus dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en cet endroit. Les hommes s’étendirent donc au nombre d’environ 5000. » La
foule était en mouvement ; Jésus demande à ses disciples de calmer les
émotions de ces braves gens. » C’est seulement dans la paix émotionnelle, dans la
détente intérieure que nous pourrons recevoir un autre type de nourriture.
Cette nouvelle nourriture est ici associée aux nombres 5 et 2. Le nombre 5 donne
au pain en question une qualité éthérique. Chez les Anciens, les quatrre
éléments puisaient leur énergie dans un cinquième qu’il nommait Éther
ou Aither . Chaque élément possède en lui cet éther par lequel
il existe, et l’on parle alors de Quintessence.
Jésus offre à la foule une nourriture éthérique dès que celle-ci a pu se
calmer un peu. Le nombre 2
associé aux poissons, dont le symbolisme est à la fois celui de fécondité
et de salut, peut être associé aux deux HE
du nom sacré, puisque la lettre HE
a pour valeur 5. Le poisson, c’est
Jésus lui-même qui se donne comme nourriture. C’est par la force du nombre 2 que la cellule initiale du fœtus se multiplie pour donner forme
à un être humain. Ceux qui s’intéressent à la magie opérative
trouveront dans cet épisode de la vie de Jésus les lois et la méthode pour
matérialiser à partir de la substance éthérique de la nourriture concrète. Ceux qui ne sont motivés que par l’aspect
symbolique de l’histoire verront dans celle-ci les bases spirituelles de
toutes les techniques de relaxation. Lorsque toute la foule fut rassasiée Jésus demanda
que l’on ramassa les restes pour que rien ne se perde. Douze couffins furent
remplis avec les morceaux des 5 pains d’orge. Il est remarquable d’observer que cette scène met
en activité tous les nombres clefs de la science astrologique de l’époque :
C’est par l’action conjuguée des 7 astres
errants, témoins des 7 forces qui alimentent nos désirs que se construit l’harmonie
symbolisée par la couronne
zodiacale.
10
- ALLEGORIE DU BON PASTEUR Jésus vient de redonner la vue à l’aveugle-né.
Les pharisiens s’interrogent sur le sens de ce miracle. Jésus poursuit son
enseignement avec l’allégorie du bon pasteur, une des rares paraboles dans l’évangile
de Saint Jean. Les brebis sont les membres du troupeau de Dieu.
Jésus en tant « qu’Agneau de Dieu qui vient ôter les péchés du
monde » selon les dires de Jean-Baptiste, est lui aussi membre du troupeau
divin. Il est donc à la fois, l’agneau, le bon berger et
la porte par
laquelle le peuple de Dieu quittera l’enclos protecteur dans lequel il se
développe, comme se développe le fœtus dans l’utérus maternel. « En
vérité, en vérité je vous dis, que moi, je suis la porte des
brebis » En hébreu, le mot
porte s’écrie comme la
lettre de l’alphabet DALET, qui a
pour valeur numérique 4, et qui est représentée graphiquement depuis les
temps les plus anciens par un triangle. Ainsi témoigne l’alphabet grecque
actuel avec son DELTA en forme de triangle : D. Y aurait-il un lien mystérieux entre le nombre 3 (le
triangle) et le nombre 4 ?. Décomposons la lettre Dalet en ses lettres constituantes comme si nous entrions à l’intérieur
d’elle-même : DALET =
4 LAMED
= 30
TAU = 400
soit
en résultante : 434 Le 3 est comme contenu à l’intérieur du 4. En
tant que nombre impair il est actif ; c’est le mouvement créateur de la
vie, encadré, limité, emprisonné par les structures du 4, ou au sein de la
matière. Lorsque Jésus se présente comme étant la
porte, il vient annoncer que par son message d’amour, il devient possible
aux créatures de Dieu d’entrer dans une nouvelle dimension de vie. Cela
signifie qu’il faut mourir aux structures qui servent -ou ont servi- jusqu’à
ce jour à notre croissance. La porte c’est le col de
l’utérus par lequel le fœtus vient au monde. Sa naissance signifie la
mort du placenta, la mort d’un état de conscience et l’entrée dans un
nouvel espace. La porte
n’est pas tout à fait le col de l’utérus
car la naissance qui nous est aujourd’hui permise par les grands cycles de
l’évolution, se situe plus haut dans les vibrations nous constituant. C’est
une naissance spirituelle qui nous est promise dans un espace que nous sommes en
train d’élaborer par notre amour et nos pensées. L’espace terrestre dans lequel nous vivons et
communiquons est une matrice qui contient une porte. Antérieurement à la venue
de Jésus, cette porte s’identifiait à la mort qui nous faisait entrer dans l’au-delà.
La vie éternelle, que nous propose Jésus, je la verrais, avec mon regard bien
sûr limité, comme la capacité à notre Esprit-Conscience d’entrer à
volonté dans des espaces-temps, d’en sortir de même pour régénérer ce que
l’espace-temps aura plus ou moins ralenti et dégradé. L’ouverture demeure fermée tant que l’homme n’est
pas viable pour le plan qui lui est destiné. Certains parlent à cet égard de
l’existence d’un gardien du seuil, mais notre analogie indique clairement la
nature de ce gardien : tant que l’heure n’est pas venue la porte reste
fermée obéissant à l’évidence de la situation. Cette situation du nombre 3 contenu dans le 4 se
trouve aussi dans le nom sacré de Dieu Yahvé qui s’écrit : Yod
Hé Vav Hé, où nous voyons deux fois se répéter la lettre Hé. Placé
sur une sinusoïde nous pouvons observer la position identique des deux Hé
qui se confondent dans leur hauteur mais non dans la direction
de leur dynamisme.
Bibliographie -
La
Bible Osty -
La
lettre chemin de vie.
Annick de Souzenelle -
Le
symbolisme dans l’Evangile de Jean. Paul Diel et Jeanine Solotareff -
L’enseignement
de Jésus.
Ferdinand David. -
La
Kabbale et l’Arbre de Vie.
Charles-Rafaël Payeur -
Trilogie
de la rota ou roue céleste.
Enel -
Dictionnaire
des symboles.
Jean Chevalier. Alain Gheerbrant. ¬¬¬
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