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La constitution occulte de l'homme

 

Ce texte est une introduction aux oeuvres jumelles de deux auteurs bien connus

 dans le milieu de l'ésotérisme : Max Heindel et Rudolf Steiner.

 

 

Sommaire

Description des mondes physique, du désir, de la pensée selon Max Heindel et l'enseignement des Frères Aînés des Rose-Croix.
Descriptions semblables selon Rudolf Steiner, et dans une approche plus centrée sur la personne.
Cycle de vie d'un être humain en passant de sa naissance sur terre à celle dans l'au-delà.

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Nota : Il va de soi que l'exposé qui suit est limité par ma propre compréhension, et que c'est seulement après une lecture approfondie des deux ouvrages de base (*) que le lecteur pourra se faire sa propre idée sur ces enseignements.

* Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel

*La science de l'Occulte de Rudolf Steiner.

Pierre Cornuez

LE MONDE PHYSIQUE

Le monde physique est constitué d'une partie visible par tous, celle des solides, des liquides, des gaz, région dite chimique, et d'une partie invisible à la perception ordinaire, dite région éthérique.

Cette dernière donne la vie aux formes végétales, animales, humaines, qui sans la présence des forces éthériques, retomberaient à l'état minéral.

On distingue quatre sortes d'éthers dont les noms et les fonctions sont les suivantes :

--- l'éther chimique : ici opèrent les forces qui régissent l'assimilation et l'élimination. Par son pôle positif, les éléments nutritifs sont incorporés à la plante, à l'animal et à l'homme.

Par son pôle négatif, les particules inutilisables des éléments sont rejetées hors du corps.

--- l'éther vital : constitue le champ d'action des forces qui assurent le maintien des espèces, c'est-à-dire la reproduction.

En son pôle positif, nous trouvons les forces qui sont actives chez la femelle pendant la période de gestation.

En son pôle négatif, le mâle est mis en état de produire le liquide séminal.

--- l'éther lumière : c'est ici que se trouvent les forces apportant la chaleur au corps chez l'homme et certains animaux par le sang, et celles qui, agissant par le pôle négatif, régissent les fonctions passives des cinq sens.

Dans les plantes, les forces positives agissent sur la circulation des sucs, et les négatives déposent la chlorophylle et colorent les fleurs.

--- l'éther réflecteur : tous les événements du passé laissent dans cet éther des images, qui ne sont que la réflexion de la vraie mémoire de la nature située dans un monde plus élevé. Aussi les clairvoyants novices qui lisent les clichés du passé dans cet éther réflecteur, ont des informations de seconde main et par conséquent peu fiables.

En sa partie positive, cet éther est le milieu à travers lequel la pensée agit sur le cerveau de l'homme.

Les deux éthers les plus denses -chimique et vital- ont un lien très étroit avec la croissance et la vitalité du corps physique ; ils meurent presque en même temps que celui-ci, et les appétits pour les plaisirs de la terre contribuent à leur développement au détriment des deux autres éthers.

L'éther lumière a une relation marquée avec le monde du désir, et l'éther réflecteur avec le monde de la pensée. Celui qui vit davantage au niveau de ses émotions et de ses pensées, voit ces deux éthers se développer, et sa vitalité diminuer.

A la mort du corps physique, les éthers lumière et réflecteur constituent le corps de l'âme en formation.

 

LE MONDE DU DESIR

En abordant l'étude du monde du désir, nous entrons de plein pied dans la notion de bien et de mal, que l'on peut exprimer différemment, comme étant la double action des forces d'attraction et de répulsion.

 

L'attraction, ou pouvoir de réunir, d'attirer ou d'être attiré, domine les trois régions supérieures de ce monde.

Dans les trois régions inférieures, c'est le principe de répulsion qui domine, créant une zone de lutte entre les aspirations au bien et au mal.

La répulsion, qui a aussi son côté positif, car rien dans l'univers n'est tout blanc ou tout noir, agit en repoussant ce qui est extérieur ou étranger à soi, avec une aspiration à détruire cette chose.

Cette force est positive, lorsque nous l'utilisons pour repousser des tentations perverses. De même la force d'attraction est négative dans ses effets lorsqu'elle nous lie à ces mêmes tentations.

Il résulte de cela que les entités peuplant la partie basse du monde du désir, se détruisant l'une l'autre, ne peuvent jamais aller dans les trois zones où règne le principe d'attraction.

Par contre, les entités qui peuplent cette zone du haut, peuvent toujours, si elles le désirent, descendre vers ces zones obscures du désir en vue d'y aider ceux chez qui le processus de remords a commencé.

Je reprendrai cette question en décrivant les passages que traversent l'esprit et ses enveloppes, à partir de la perte du corps ou enveloppe physique.

Le monde du désir comprend, selon l'enseignement des Rose-Croix, sept régions telles qu'elles figurent dans le tableau de la troisième page.

C'est dans la région centrale des sentiments, que se joue le choix de nos réactions aux idées, objets ou situations qui nous arrivent par l'intermédiaire des sens physiques (en relation avec l'éther lumière). Cette réaction peut être de deux sortes : intérêt ou indifférence.

L'intérêt peut attirer ou repousser l'objet.

L'indifférence laisse l'objet se flétrir, en tout cas pour nous.

Un exemple nous permettra de mieux fixer ces orientations possibles.

Trois hommes traversent une ville. Un mendiant loqueteux leur tend la main sollicitant quelques pièces pour pallier à sa misère matérielle. Nos trois hommes sont confrontés à la même situation mais chacun va réagir différemment :

--- le premier ignore le mendiant et continue son chemin. La scène l'a impressionné au niveau de la 2ème région du désir, et c'est dans la 4ème région du sentiment qu'il choisit l'indifférence. Cette image de la vie va se flétrir en lui, tout en s'inscrivant dans la mémoire éthérique de la nature.

--- le deuxième fait vibrer la force attractive du monde du désir, et il donne généreusement au mendiant, lui prodiguant des paroles d'espoir et de réconfort.

--- le troisième éprouve aussi de l'intérêt pour ce mendiant, mais la force qui est mis en oeuvre est celle destructrice de répulsion ; il injurie le mendiant, considérant qu'il n'est qu'un parasite de la société, un fainéant tout juste bon à jeter en prison.

Tous ces choix que nous faisons ont une relation directe avec les conditions d'existence dans le monde du désir après la destruction du corps physique.

Dans la pratique astrologique, les forces d'attraction et de répulsion s'expriment à travers les corps planétaires de Vénus et de Mars.

 

LE MONDE DE LA PENSEE

Comme dans chaque monde, sept régions sont discernables dans celui de la pensée. Ce nombre donne à la quatrième région centrale un rôle primordial de lien.

Nous avons vu que dans le monde du désir s'y jouaient nos choix d'intérêt ou d'indifférence. Dans celui de la pensée, la quatrième région est en relation avec le point qui focalise les mondes supérieurs et les traduit en rayonnement dans les mondes inférieurs.

Max Heindel utilise ici une analogie éclairante qui est celle d'un appareil cinématographique où la lentille de l'appareil correspond à cette quatrième région. L'opérateur et le film sont mis en rapport avec la volonté et l'imagination de l'Esprit, tandis que la projection après le passage par la lentille du film et son aboutissement en images rendent compte de sa matérialisation.

Décrivons les sept régions à partir de la plus dense.

 

--- 1 - Région continentale : contient les archétypes de toutes les formes terrestres, minérales, végétales, animales, humaines. Rien sur terre ne peut être modifié sans que l'archétype correspondant ne soit lui-même modifié. Dans cette région, et pendant les phases de désincarnation, nous façonnons notre forme future et contribuons à modifier celles de la planète terre.

 

-- 2 - Région océanique : c'est l'archétype des quatre éthers qui s'y trouve. On y perçoit une vitalité palpitante, ondoyante, et l'impression très forte de l'unité de la vie.

--- 3 - Région aérienne : nous y rencontrons les archétypes des désirs, des passions, des souhaits, des sentiments et des émotions que nous éprouvons dans le monde du désir. Toutes les activités de ce monde apparaissent au clairvoyant comme des conditions atmosphériques : la joie sous la forme de la caresse d'une brise d'été, les vagues désirs de l'âme à la plainte du vent dans les feuillages, les passions des nations en guerre aux éclairs aveuglants de la foudre...

--- 4 - Région des forces archétypales : c'est ici que s'accomplit entièrement l'évolution de l'homme. Cette région est une sorte de frontière entre les domaines spirituels et les mondes de la forme. C'est le point focal par lequel l'Esprit se reflète dans la matière, et dirige les forces archétypales des trois régions précédentes.
--- Les régions 5 - 6 - 7 qui forment l'ensemble de la pensée abstraite, contiennent les idées-germes de la forme, de la vie, et des désirs des trois règnes comme indiqué dans le schéma page 2. Lorsque ces idées touchent la zone de la pensée concrète, elles se concrétisent en formes-pensées.

Nous arrêtons-là notre description des mondes selon l'enseignement des Rose-Croix pour la mettre en parallèle avec celle de Rudolph Steiner.

 

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Constitution de l'Etre humain

Selon Rudolf STEINER

 

1 - Le corps physique - La mort - Le règne minéral

Pour bien saisir ce qui différencie le corps physique de la vie qui l'anime, la phase de mort et de décomposition de ce dernier est éclairante. Qu'est-ce qui, durant la vie, maintient les particules chimiques dans l'organisation corporelle qui est la nôtre, et que devient cette vie lorsque la "grande faucheuse" a fait son oeuvre ?

Pour la science spirituelle, le corps physique de l'homme n'est ni plus ni moins que ce qu'il en reste à l'état de cadavre. La mort met à nu ce qui, chez l'homme, est de même nature que le minéral, celui-ci étant mort par essence(*). Les mêmes forces et substances sont à l'oeuvre dans le règne minéral et dans le corps physique de l'homme, mais chez ce dernier, durant sa vie, ces forces sont mises au service de quelque chose qui leur est supérieur et qui se retire au moment de la mort. Ce pouvoir de vie est le corps éthérique.

Un combat incessant est mené entre les forces minérales de l'être humain et les forces éthériques tant que dure la vie. Si le combat cesse, l'activité minérale entre en jeu.

Le règne minéral ne possède qu'un seul corps ; celui-ci est de même nature que notre corps physique ; la mort révèle cette affinité et l'existence d'un corps de vie indépendant.

 

2 - Le corps éthérique - Le sommeil - Le règne végétal

Pour distinguer ce qui dans l'être humain est le corps physique, nous avons fait intervenir la mort. De même, c'est le sommeil qui nous permettra de distinguer ce qui dans l'être humain est le corps éthérique.

Les forces du corps éthérique ou corps vital ne peuvent pas par elles-mêmes faire apparaître la lueur de la conscience. Un corps éthérique livré à lui-même, existerait dans un état de sommeil et ne pourrait entretenir dans le corps physique qu'une vie végétative à l'instar du règne végétal.

S'endormir est un acte très semblable à la mort car nous mourons réellement au monde du jour et à la conscience que ce monde implique, toutefois le corps physique reste uni au corps éthérique, et les fonctions végétatives persistent. Ce qui est uni au corps physico-éthérique pendant le jour est ce que la science spirituelle nomme le corps astral, troisième élément de la nature humaine. Le sommeil est une séparation temporaire entre le corps astral qui reconstitue ses forces dans son univers et le corps physico-éthérique qui, privé de la conscience du corps astral, sombre à l'état végétatif.

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_(*) Puisque le règne minéral ne possède pas de corps éthérique individuel, il est considéré comme mort par essence, mais cela ne l'empêche pas d'être animé par le corps éthérique de la planète et de vivre ainsi au rythme de l'évolution planétaire. Ce rythme englobant des périodes de temps immenses, le règne minéral a pour nous un petit air d'immortalité.

 

Le corps physique est commun à l'homme et au minéral.

Le corps éthérique est commun à l'homme et au végétal.

Le corps astral est commun à l'homme et à l'animal.

 

 

3 - Le corps astral - L'oubli - Le règne animal

 

Tout comme le corps physique se décompose quand l'éthérique ne le maintient plus, tout comme le corps éthérique tombe dans l'inconscience quand l'astral ne l'éclaire plus, l'astral laisserait tomber sans cesse le passé dans l'oubli, si ce passé n'était pas sauvé par quelque chose qui le transmette au présent. Ce quelque chose est nommé le moi.

La présence du corps astral nous permet d'éprouver toutes sortes de sentiments et émotions, et ceux-ci nous poussent constamment à de nouvelles actions. Les animaux qui ont un corps astral évidemment moins perfectionné que le nôtre car plus récent, agissent sous l'impulsion de leurs désirs et ne modifient pas leur comportement en fonction de leurs expériences. L'Esprit-groupe qui les dirige en commandant leur instinct, est en dehors d'eux et ne peut, de ce fait, leur conférer le sentiment d'un moi permanent se souvenant du passé.

La vie est propre au corps éthérique, la conscience au corps astral, et la mémoire au Moi

 

4 - Le Moi - Le règne humain

Ce qui différencie l'animal de l'homme est la présence chez ce dernier d'un Moi qui va permettre une prise de conscience progressive du divin et la maîtrise de ses corps inférieurs.

Ce terme de "Moi" n'est pas usité dans la description de Max Heindel ; il le remplace par celui "d'Intellect".

Ce mot a été choisi pour une propriété bien ciblée ; il n'a de sens que pour celui qui le prononce. Jamais une personne extérieure à soi ne peut émettre ce son à notre encontre. C'est un mot unique dans plusieurs langues. Ce qu'il représente est le point de départ de notre évolution. Etroitement lié à la conscience, le Moi va engager un travail d'investissement de l'âme.

La partie de l'âme qui se nourrit du monde extérieur par l'intermédiaire des sens, est appelée âme de sensibilité. Le Moi prend conscience de cette partie qui le consititue.

La partie de l'âme qui prolonge dans une réflexion, une méditation, les informations des sens, est appelée âme d'entendement ou âme pensante.

Lorsqu'une personne se connaît indépendamment des perceptions extérieures, lorsqu'elle prend conscience de son être intime sans le support des sens, elle touche à l'âme de conscience, et ce qui pénètre ainsi au coeur de sa vérité s'appelle Esprit.

C'est ensuite que le Moi va conquérir les trois corps inférieurs, et donner naissance au Moi Spirituel, à l'Esprit de vie et à l'Homme-Esprit comme indiqué dans le tableau suivant.

Le développement intellectuel, la purification des sentiments et des impulsions volontaires indiquent dans quelle mesure le corps astral s'est transformé en Moi spirituel.

Les expériences religieuses qui s'impriment dans le corps éthérique marquent la formation de l'Esprit de vie.

Le travail sur le corps physique est le plus difficile et le plus élevé ; il concerne la découverte et la maîtrise des forces invisibles qui le font naître et mourir.

Le tableau suivant résume la constitution de l'homme selon la science spirituelle que transmet Rudolf Steiner.

Si l'on regroupe le corps astral avec l'âme de sensibilité, et l'âme de conscience avec le Moi spirituel, on retrouve la nature septénaire de l'organisation humaine.

 

Devenir de l'âme Après la mort du corps physique

Regroupant les enseignements de Heindel et Steiner, en suivant toutefois la terminaison du premier, nous allons maintenant suivre les transformations consécutives aux différents passages de la conscience dans les différents mondes après la mort.

A la différence du sommeil qui se traduit, sous le regard occulte, comme la séparation momentanée du corps astral avec le corps physico-éthérique, la mort se caractérise par la rupture définitive du corps physique avec les autres corps.

Seule meurt à ce moment-là, la forme physique, et les forces du monde minéral livrées à elles-mêmes, vont détruire toute l'organisation physique, organique, qui supportait notre conscience. Le corps physique retrouve son état minéral naturel. Il est redevenu poussière s'intégrant au corps physique planétaire auquel il apporte un surplus de conscience.

Le corps éthérique subsiste encore quelques jours après la mort, puis se décompose à son tour -au moins en ce qui concerne la partie chimique et vitale de ce corps (pour Steiner, le corps éthérique entier est détruit ; pour Heindel, les deux éthers, lumière et réflecteur, servent à constituer le corps de l'âme).

L'éther réflecteur contient, nous l'avons vu, la mémoire de toute notre expérience terrestre, et à la mort, cette mémoire est libérée ; les images de notre vie défilent à rebours, de la mort à la naissance. C'est ce dont témoignent les personnes ayant vécu une N.D.E. (expérience de mort rapprochée). Comme le corps éthérique n'est pas chargé d'émotions, seules des images vitales sont perçues par la conscience.

Puis l'âme, ou plutôt l'Esprit (dans la terminaison de Max Heindel) est libéré de l'enveloppe éthérique, et se retrouve dans les trois régions inférieures du monde du désir où un temps de purification commence. C'est le purgatoire de l'enseignement chrétien.

L'esprit est alors revêtu du corps astral composé des émotions nobles et des passions viles qui furent le lot de son passage sur la terre. Ce sont ces dernières qui sont responsables du temps de purification. Les désirs encore vivaces liés à la vie terrestre, trouvent dans " l'espace" astral toutes possibilités d'une existence semblable à la vie sur terre.

Les sujets ainsi décédés sont plus ou moins conscients d'être passés de l'autre côté du voile ; ils continuent de mener une existence marquée par les mêmes sentiments que ceux qui les animèrent sur terre. L'avare continue de chérir son or ; le tyran cherche des êtres faibles à dominer à moins qu'il ne se retrouve en situation inverse : c'est à lui de jouer le rôle de la victime afin qu'il éprouve ce qu'il a fait connaître aux autres. Pour que cette inversion se produise, il faut qu'il y ait un commencement de remords.

Progressivement, ils deviennent conscients d'avoir abandonné leur enveloppe corporelle. Le fait de percevoir les êtres qui vivent sur terre sans pouvoir communiquer avec eux, les désespère mais les aide aussi à cette prise de conscience.

Ce temps de purgatoire où s'épuisent les désirs terrestres, fait naître en l'homme le sentiment du remords, et dès que celui-ci apparaît, des êtres venus de zones plus lumineuses peuvent les aider en leur proposant quelques tâches altruistes à accomplir. Par cette méthode, l'esprit parvient jusqu'au premier ciel.

 

 

Premier ciel : région haute du monde du désir

Dans cette région où domine la force d'attraction, l'harmonie règne et l'homme connaît un état de félicité, de bonheur sans tâches, qui est à la mesure de tous les actes nobles qu'il a accompli durant son séjour terrestre. Durant cette phase, il peut s'instruire de tous les arts : musique, peinture, philosophie... Il est avec ceux qu'il aime dans la mesure où leur évolution le permet.

Son corps du désir, nécessaire pour cette existence, va à son tour, se décomposer comme l'ont fait avant lui le corps physique et le corps éthérique. L'Esprit libéré de ses enveloppes grossières parvient au deuxième ciel situé dans la région concrète de la pensée.

 

Deuxième ciel : région concrète du monde de la pensée

L'Esprit triple, revêtu seulement du corps de la pensée, contient les germes de ses autres corps, quintessences des trois véhicules abandonnés. Lorsqu'il arrive dans le monde de la pensée, il entre dans un grand silence où tout semble s'effacer. Toutes ses facultés sont inactives ; cependant, il sait qu'il est. Il a le sentiment de se tenir dans "l'Eternel", d'être seul, mais sans frayeur ; il est rempli d'une paix merveilleuse qui surpasse toute intelligence.

Puis vient le réveil. L'Esprit est maintenant dans son pays natal. Il entend "la musique des sphères". Il sait que les douze signes du zodiaque et les sept planètes forment la table d'harmonie et les cordes de la lyre à sept cordes d'Apollon. Il sait que si une seule discordance venait à troubler l'harmonie céleste de ce sublime instrument, la destruction de la matière et la débâcle des mondes s'ensuivraient.

Commence alors une activité très importante pour la préparation de la prochaine vie, tout comme le sommeil est une période d'activité et de préparation pour le travail du lendemain.

L'Esprit triple intègre la quintessence du corps triple et les spiritualise.

Le deuxième ciel est la véritable patrie du Moi, de l'homme pensant. Il y demeure des siècles, préparant les conditions physiques les plus favorables pour la prochaine étape de son développement.

 

Le passage dans le troisième ciel parachève son ascension ; il y est fortifié par l'harmonie ineffable de ce monde supérieur que constitue le monde de la pensée abstraite en vue de sa prochaine descente dans la matière.

Et c'est en chemin inverse que l'Esprit se revêt de ses nouvelles enveloppes pour, un beau jour, animer de sa présence la vie d'un bébé de la terre, et poursuivre son inlassable évolution.

Le schéma suivant résume ces différentes étapes qui conduisent de la manifestation à la non- manifestation, et inversement.

 

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